Je marchais, m'enfonçant dans la nuit. Je n'écoutais pas, le bourdonnement m'environnant m'indifférait au plus au point maintenant. Je n'avais le cœur à rien, si j'en avais encore un...
Je ressassais sans cesse la fraiche connaissance. J'étais maintenant une créature hors normes. Plus fort, bien plus fort que les humains, mais aussi que les vampires. J'étais au sommet de la chaine alimentaire. Enfin presque, d'après Calimna, une seule personne était au dessus de moi. Je devais retrouver Claudius le plus rapidement possible. Cet homme faisait planer sur moi une menace dont il m'était impossible d'expliquer. Malheureusement, je n'avais aucun moyen de le trouver. Comment retrouver un être qui sait dissimuler son existence aux humains ? Je me concentrais sur mes derniers instants d'humanité. Ces derniers instants, cette dernière fille, la seule qui est survécue. Puis à cette voix glaciale à ce rire dénué de toute chaleur... Alors que je me remémorais ma rencontre avec mon maître, je fus assaillit par des images. Je voyais un endroit sombre, j'entendais des voix résonner. Des visages défilaient devant moi m'adressant des questions, j'entendais qu'on leur répondait, comme si c'était moi qui leur répondais, sauf que cette voix, n'était pas la mienne. C'était celle de Claudius ! Je ressentis une vague de colère intense, les images cessèrent et ça voix glaçante pénétra au plus profond de mon âme : »
- Mon cher fils, tu es réveillé ! Comment te sens-tu ?
- Je ne suis pas votre fils. « ma voix était pleine de haine »
- Allons, allons, je t'ai offert tout ce que ton petit esprit d'humain n'aurai jamais imaginé. Viens me rejoindre mon fils, nous sommes plus puissants que quiconque. Ecrasons ceux qui se mettront en travers de notre chemin et dominons notre race et celle des humains.
« Je réfléchis, si j'acceptais sa proposition, il me dirait où il se trouve et je pourrais l'éliminer et assouvir mes propres desseins. »
- Je vous pris de pardonner mon effronterie, maître, dîtes moi comment vous rejoindre rapidement afin que nous puissions mettre en œuvre votre plan.
Je ressentis une vague de satisfaction. Elle ne venait pas de moi, notre lien permettait de partager d'avantage que la vision, c'est ainsi qu'il avait ressentit ma présence. Il me faudrait me méfier dorénavant.
De nouveau, des images défilèrent dans mon esprit, m'indiquant le chemin jusqu'à Claudius. C'est en courant que je suivis ce sentier à travers la ville et la campagne ensuite. J'ai atterris dans une ville, si on peut appeler ça ainsi. Il n'y avait que des ruines, du feu, et des cris. Etrangement je me sentis à ma place parmi ce chaos. Je regardais autour de moi, un corps brulait non loin de moi, emplissant mes narines d'une douce odeur de chair brulée, m'enivrant doucement. Par-dessus les cris, je perçus des pleures. Il restait, apparemment des survivants dans ce chaos. Guider pas mon ouïe je me dirigeais vers la source des pleures.
En soulevant un pan de mur effondré, je trouvais un enfant recroquevillé sur lui-même, la peau un peu roussit par endroit, de nombreuses plaies le couvrant. L'odeur du sang endormis le reste de mes sens. L'enfant se précipita contre moi, me suppliant de retrouver sa mère et de la sauver. Je le pris dans mes bras avec douceur et le serrant contre moi, je plantais mes canines dans sa gorge. Je laissais son sang jeune et innocent couler dans ma gorge et je constatais qu'il était exquis. Certes il n'avait toute foie rien à voir avec celui de Calimna, mais il étancha ma soiffe causée par l'odeur du sang dont l'air était chargé. Je laissai choir l'enfant, du moins ce qu'il en restait. Son petit corps tomba à terre comme une vulgaire poupée de chiffon. Après ce petit en-cas, je repris mon exploration des décombres de la ville. Je n'entendais plus que le bois craquant que le feu vient doucement dévorer. Mes pas me dirigèrent vers la chapelle de la petite bourgade. C'est derrière un nuage de fumée que je distinguais alors une silhouette. Etrangement, je n'avais pas besoin d'entendre sa voix ou de voir son visage pour identifier la personne qui me faisait face. Tout mon corps s'était figé. J'essayais de bouger pour avancer, me jeter sur lui, planter mes crocs dans sa gorge et boire son sang jusqu'à ce qu'il n'y est plus la moindre goute. Mais rien, pas moyen de cligner ne serai-ce que les yeux. J'étais comme piégé. Un son, que je connaissais parfaitement, des plus détestables au monde retentit. La fumée portée par le vent se dissipa. Je pu alors voir ses yeux vide de tous sentiments quels qu'ils soient, mis à part la cruauté. Il me fallu quelque seconde pour comprendre la situation dans laquelle je me trouvais. Il avait parfaitement saisie le but de ma visite. Il avait mis en place ce stratagème afin de m'attirer à lui. Et j'étais tombé dedans tête la première. La rage bouillait en moi, et ses paroles furent comme de l'huile sur le feu :
« - Mon très cher infant ! Passais-tu réellement pouvoir me cacher ta petite rébellion ? Je suis ton créateur et tu ne peux rien face à moi. »
Son ton était impérieux, il se savait supérieur... Pire il l'était réellement. Je commençais sérieusement à regretter de mettre précipité pour venir le détruire. J'aurais du attendre d'être plus fort, sans doute aurai-je du rester auprès de Calimna. Je sentis une forte pression s'exercer sur mon corps, comme si la force d'attraction de la terre était devenue cent fois supérieur. Je m'écroulais lamentablement au sol, lui, je pouvais l'entendre approcher lentement de moi. Il s'agenouilla et m'agrippa les cheveux me forçant à lui faire face.
« - Tu n'es pas encore en mesure de prendre ma succession. Penses-tu sincèrement de je laisserai un enfant comme toi, à peine sortit de l'œuf diriger toutes les races de cette planète ? »
Sur ces mots, il projeta ma tête contre la terre, je ne ressentis pas vraiment la douleur. J'étais bien trop empli de rage et d'humiliation pour cela. Soudain la pression s'évanouie. Je me relevais péniblement, malgré ma nouvelle puissance, cette force avait malmené mes membres. Je fis front à mon maître. Le regard dur, les poings serrés. De toute évidence, la force comme la ruse, n'étaient pas d'une grande aide contre lui. Du moins pour le moment. Le visage de Claudius se fendit en un rictus que j'interprétais en un sourire. Ma soumission lui plaisait.